Pourquoi traiter les eaux usées ?

Avec les débuts de l'ère industrielle et de la société dite de consommation, il était d'usage de rejeter les eaux usées dans nos cours d'eau. L'importance de nos cours d'eau ne laissait pas présager la détérioration de notre environnement à long terme.
Au fil des ans, les rivières Saint-François et Saint-Germain se transformaient petit à petit en véritable égout à ciel ouvert. Les rejets des eaux usées domestiques et industrielles à la hauteur de la ville de Drummondville ont considérablement affecté l'écosystème aquatique du bassin versant de la rivière Saint-François. Une étude, menée entre 1991 et 1995 par le ministère de l'Environnement et de la Faune, a démontré que le nombre d'espèces de poissons capturées en amont du barrage de la chute Hemming était passé de 14 à seulement 8 à la hauteur de Drummondville et que plus de 18 % des poissons restants présentaient des anomalies externes.
Le traitement des eaux usées permet à l'écosystème aquatique de survivre et redonne aux citoyens l'usage de leurs cours d'eau. Pour le bassin de la rivière Saint-François, le programme d'assainissement des eaux du Québec avait débuté à sa source et il se termine avec le projet de Drummondville.
Quelle est l'efficacité du traitement ?

Notre laboratoire permet de mesurer la quantité d'oxygène requise pour éliminer les matières organiques (DBO5), la quantité de matières en suspension (MES) et la présence de bactéries coliformes fécaux. Le rendement épuratoire pour la DBO5 et les MES est supérieur à 95%.
Dans le dernier étang, toutes les bactéries coliformes sont éliminées (la cote de baignade est excellente mais nous ne pensons toujours pas y ouvrir une plage municipale). En fait, les normes de rejet fixées par le ministère de l'Environnement sont des plus exigeantes. L'eau traitée n'a plus d'impact significatif sur le milieu récepteur.
Quel est le coût du traitement de nos eaux usées ?
Entre 1982 et 1997, le projet a nécessité des investissements supérieurs à 80 000 000 $ pour la construction de l'usine et des 43 stations de relèvement.
Bien que les travaux de construction des étangs et de l'usine aient été effectués entre 1993 et 1997, il faut se rappeler que c'est à partir de 1982 que le programme d'assainissement a été mis en branle avec la construction des 38 postes de pompage. Le budget d'opération annuel de l'usine et des stations de pompage de la ville de Drummondville s'élève à 2 100 000 $, dont 50 % constituent des coûts énergétiques.
Combien de temps a duré la construction de l'usine ?
Les étangs de Drummondville sont les plus gros du genre au Québec et l'échéancier de construction a été le suivant :

- 1993 : déboisement du site
- 1994 : travaux de drainage et de préparation du terrain
- 1995 : février : début des travaux de construction des étangs et du bâtiment.
novembre : arrêt des travaux pour la période hivernale - 1996 : poursuite et fin des travaux de construction installation des équipements à l'intérieur du bâtiment
- 1997 : période de rodage et mise en fonction de l'usine
Maintenant que les eaux usées sont traitées, est-ce que l'on peut jeter n'importe quoi à l'égout ?
Non, la toilette n'est pas une poubelle.
Les rejets illicites de substances toxiques et de déchets dans le réseau d'égout affecteront le rendement de l'usine d'épuration. La participation des citoyens à l'économie d'eau potable, à la collecte sélective des matières recyclables et à la collecte des résidus domestiques dangereux assurera un bon rendement de l'usine, et ce, à un coût d'exploitation moins élevé.
Pensez-y !!!
Quelques règles de base à appliquer
Éviter le gaspillage de l'eau. La chasse d'eau d'une toilette consomme jusqu'à 20 litres d'eau potable à chaque utilisation. La production de cette eau demande l'utilisation de produits chimiques qui polluent. Lorsque viendra le temps de remplacer une toilette, le règlement sur les rejets des eaux usées précise que seule une toilette à faible débit (6 litres) peut être installée.
Se départir de diluants de peinture et autres résidus domestiques dangereux (RDD) de la bonne façon : en allant les porter à l'Écocentre, situé au 5620 de la rue Saint-Roch Sud. Ne jamais jeter ces résidus dans la toilette ou dans la poubelle.
Éviter l'utilisation de broyeurs à déchets. Ces équipements domestiques augmentent inutilement la charge organique à traiter. Le traitement est beaucoup plus dispendieux que l'utilisation du camion à déchets.
Favoriser le compostage à la maison. C'est une bonne façon de fertiliser le jardin et les haies tout en évitant les rejets inutiles dans la toilette.
Utiliser la poubelle pour certains résidus. Les résidus de plastique tels que les enveloppes de serviettes sanitaires et de tampons ou les cure-oreilles n'ont pas leur place dans la toilette, pas plus que les condoms d'ailleurs. Ces résidus ne sont pas biodégradables et nuisent aux opérations de traitement. Ils finiront par se déposer au fond des étangs et seront par la suite transportés au site d'enfouissement. Le moyen le plus rapide de disposer de ces résidus est de les jeter dans la poubelle.
Comment les eaux usées arrivent-elles à l'usine ?

Le réseau d'interception de la municipalité compte plus de 310 kilomètres de conduites reliant chaque résidence, industrie, commerce et institution afin de capter toute l'eau à traiter. Au total, 43 postes de pompage sont nécessaires pour acheminer les eaux usées à l'usine de traitement. Par exemple, les eaux usées provenant des résidences situées à l'extrémité du secteur de Saint-Nicéphore parcourent jusqu'à 12 km et seront relevées par 5 postes de pompage avant d'arriver à l'usine. Près de 30 % du réseau d'égout est de type combiné, c'est-à-dire qu'il capte les eaux pluviales et sanitaires. Dans les secteurs plus récents, les eaux pluviales sont rejetées directement à la rivière et les eaux usées sont dirigées vers l'usine de traitement des eaux usées.